mercredi 7 mars 2012

Battle of Corbières

A ma gauche : 5 Corbières. A ma droite : 8 têtes brûlées (4 garçons, 4 filles) décidées à en découdre.
Au milieu : charcuteries et fromages.

Voilà pour les éléments de contexte de la fameuse "battle of Corbières" .


Petit topo sur l'AOC Corbières :

Située dans le Languedoc (sud de la France pour les personnes ayant un peu de mal en géo), dans le département de l'Aude, l'appellation Corbières est composée des cépages grenache, syrah, mourvèdre, carignan et cinsault.

Pour info, la région Languedoc-Roussillon (Hérault + Gard + Aude + Pyrénées Orientales) forte de ses 300 000 hectares est la plus grande région viticole de l'hexagone. Nous reviendrons sur les superbes vins qui la composent une autre fois.

Revenons à nos flacons. Pour faire classe et sérieux, les étiquettes des 5 bouteilles étaient masquées et un crachoir trônait même au milieu de la table (ambiance dégustation, on est pas là pour s'amuser).


                                                      Let's get ready to rumble ! 






Résultat des courses :

Soyons francs : le crachoir n'a que très (trop ?) peu servi. Pour l'ambiance sérieuse on repassera (en même temps on était là pour s'amuser).

Les invités ont quand même joué le jeu en couchant sur le papier les impressions laissées par les différents vins dégustés. Alors là, on a de tout : les besogneux (description précise et tout et tout), les timides ("je sais pas quoi mettre") et les "je m'en foutistes" (mais volontaires pour déguster quand même).

And the winner is : La bouteille E (étiquette cachée oblige)


La Pompadour 2008 de Castelmaure : (7 voix sur 8, un vrai plébiscite à la Napoléon III).
A noter : L'autre vin ("Corbières 2009") de cette même cave coopérative est arrivé en seconde position.

Les différents avis du comité de dégustation sur La Pompadour 2008 :

- Adore/Fruité/Reste en bouche

- Puissant

- Fruits rouges/Nez accrocheur/Rond en bouche

- Très bon

- Bien/Le meilleur

- Derrière un nez charmeur de griottes et d'épices, une bouche sur le fruit mûr. Un vin puissant et rond : une main de fer dans un gant de velours. Les tannins sont là et assurent sûrement mais avec tact l'équilibre de l'ensemble (ça c'est mon commentaire à moi).


Hasard ou pas, ce vin était le plus onéreux : 8, 40 €. Si c'est la somme à débourser pour rassembler tous les suffrages, c'est pas cher payé.




Un grand merci à tous mes dégustateurs de s'être prêtés au jeu dans la joie et la bonne humeur.








dimanche 4 mars 2012

Words don't come easy

Tout le monde s'accorde à dire qu'il est très difficile de décrire ce que l'on ressent en dégustant un vin (vous savez, ce même sentiment de vide et de solitude lors de l'oral de français : Quand vous croisez le regard du prof qui lit dans vos yeux que vous venez de tirer le seul sujet sur lequel vous avez fait impasse).

Comment, fort d'un vocabulaire riche de milliers de mots (j'ai abandonné l'idée de connaître le nombre exact de mots dans la langue française) pouvons nous autant sécher devant un simple verre de vin ?
Devant l'Albatros de Baudelaire je veux bien : Faire impasse sur ce poème et le découvrir lors de l'épreuve peut vous faire chuter telle une bécasse un jour d'ouverture de chasse.
Si on s'arrête à la simple lecture du texte (sans préparation aucune) on peut vite faire l'analyse suivante : Charles était un grand fan d'ornithologie avec un petit faible pour les oiseaux de mer...
Et Paf ! On passe à côté de l'essence même du message et à côté de la richesse de ce texte en même temps que l'on passe sous la barre de la moyenne (le professeur, après vous avoir poliment laissé discourir sur les différentes espèces d'oiseaux connus, ne peut que sanctionner la naïveté de votre analyse).

C'est pareil pour le vin : Faute de pouvoir mettre un mot sur son émoi, on peut se sentir frustré de ne pas pouvoir aller au bout des choses et décrire ce qu'on a sur le coeur (et dans la bouche).
Je vous conseille de regarder la vidéo à ce sujet sur l'excellent blog de missglouglou.

Nous allons donc petit à petit et pas à pas découvrir, ensemble, les mots qui permettent de "parler vin" et de partager (le plus important) avec votre entourage. Attention tout de même à parler vin avec des personnes elles aussi amatrices ou simplement curieuses sous peine de vous rendre compte que lors des repas de familles ou entre amis il ne vous reste plus qu'une place en bout de table (sans voisins).
Pire, on vous placera à celle des enfants ("Tu vois Arthur, ton citror à une belle finale tonique avec de l'acidité comme il faut. C'est un peu dommage que tu trempes tes chocos dedans : ça casse le goût").

Les premiers mots me sont inspirés par un ami qui me posait la question suivante : Comment qu'on dit quand on sent l'alcool, quand un vin "a des chevaux" ? (Je ne sais pas si le vin était si chargé en poneys mais toujours est-il que cet ami, que nous appelleront l'Albatros, avait de plus en plus de mal à battre de l'aile).

Par degrés de sensations on peut définir l'impression d'alcool laissée par un vin de la manière suivante :

  • Léger (à ne pas confondre avec faible) : Vin dont l'alcool ne se sent pas ou si peu (le "il se boit bien").
  • Chaleureux : Vin laissant une impression de chaleur due à l'alcool. Cette chaleur n'est pas trop prononcée et contribue à l'équilibre de l'ensemble.
  • Généreux : Un vin riche en alcool sans pour autant prendre le pas sur les autres caractéristiques du vin. Cette richesse est l'expression de la typicité de certaines régions. On parlera plus facilement de générosité en évoquant un vin rouge du sud qu'un rouge de Loire.
  • Capiteux : Le fameux "il a des chevaux". Dans ce cas là il a même trop de chevaux et l'alcool peut vite monter à la tête et prend trop de place. L'équilibre du vin n'est pas au rendez-vous.

Voilà, en gros, ce qui peut vous permettre d'exprimer la sensation d'alcool laissée par un vin. Cela ne se limite pas à ces 4 définitions mais elles vous permettront d'illustrer un ressenti : Libre à vous de les décliner avec un panel plus large.

Comme le chantait si bien F.R David, le langage du vin est comme celui de l'amour : Les mots ne viennent pas facilement (c'est comme le look, ça se travaille : la preuve en image).












dimanche 26 février 2012

Tarani 2010 : Boit sans soif

IGP comté de Tolosan (sud-ouest), Tarani 2010 est un vin de soif, idéal pour un repas estival en plein air : un vrai vin de copains.

Amateurs de vins puissants, charnus et complexes, passez votre chemin. Avec Tarani c'est tout l'inverse que vous allez avoir : Un nez très fruité (60% de gamay oblige), une bouche légère mais qui sait rester gourmande. Un vin aussi simple à boire qu'à partager.

Servi légèrement frais, il est parfait pour l'apéritif.

Prix : 3, 90 €

Où : Aux vins des champs

vendredi 17 février 2012

Des caves et du vin : Welcolme to Rochepinard


20red profite d'un repos bien mérité pour déambuler au milieu des vignes de l'A.O.C Montlouis sur Loire (350 ha).

Délimité par la forêt d'Amboise à l'Est et par la ville de Tours à l'Ouest, le vignoble de Montlouis est la terre du chenin (attention à la prononciation, lesson one part one : "ch'nin").

Ce merveilleux cépage se livre sous toutes les coutures, du pétillant au moelleux en passant par le sec et le demi-sec. Chacun aura se préférence concernant la manière de sublimer ce cépage blanc et c'est justement ça qui fait la richesse et l'intérêt des vins de Montlouis (et par la même occasion un intarissable sujet de conversations).

Des vignerons de renoms sont passés maître es-chenin et leur réputation a dépassé les frontières nationales. On peut exhaustivement citer :
Jacky Blot du Domaine de la Taille Aux Loups et son fameux triple Zéro (0 chaptalisation, 0 liqueur de tirage et 0 liqueur d'expédition, si ça c'est pas du nature...), sans compter les autres excellents vins du domaine (que je n'ai pas tous eu l'honneur de déguster, si M. Blot lit ces lignes...).
François Chidaine, personnage incontournable s'il en est quand on aborde Montlouis.
Et bien d'autres encore (la RVF de février dresse les portraits de ces vignerons d'une bien plus belle manière que moi).

Et puis il y a "la nouvelle vague", une jeune génération de vignerons qui revisitent le terroir et le cépage tels de jeunes et fougueux metteurs en scène réinterprétant avec fraîcheur les classiques de la comédie française...

A la lecture de cette dernière phrase, d'un lyrisme aussi médiocre que malvenu, je me dis qu'il vaut mieux arrêter là avant de passer pour un Tartuffe.

P.S : Je ne peux que vous conseiller de (re) découvrir cette fantastique région pour ses vignes, ses paysages, ses caves... Mais vous y rencontrerez surtout des gens simples (dans le sens le plus noble du terme), généreux et terriblement attachants.






mercredi 15 février 2012

On se repose sur "les lauriers"

Un minervois racé et plein de soleil pour moins de 5 € : Qui dit mieux ?

Les Lauriers (2009) du domaine des Aires Hautes : Un minervois avec son généreux nez de fruits noirs et de notes épicées. Un vin gourmand en bouche, ample et puissant : On le laissera s'aérer avant de servir.

Vous voulez-vous faire plaisir ou faire plaisir ? N'hésitez pas.

Où : Carrefour                  

Prix : 4, 50 €

lundi 13 février 2012

C'est la fête des amoureux : Saint amour "Esprit de séduction" 2009

20red est en mode "amour, amour", d'où les petits coeurs, pour célébrer la fête des amoureux.

Demain soir, comme beaucoup de couples, vous allez vous faire un petit dîner en duo.
Les plus romantiques d'entre nous auront fait livrer des roses à leur belle et préparent déjà le menu de demain soir. Si vous ne pensez ni au menu et encore moins au fleurs, 3 situations possibles :
- vous êtes en instance de divorce
- vous êtes célibataire (haaaa la sale période du 14 février, symbole du consumérisme dans ce qu'il a de plus avilissant, tout ça, tout ça... On a tous dit ça un jour).
- vous avez oublié, fou que vous êtes ! Ne comptez pas sur l'indulgence féminine pour vous en sortir indemne. Ils sont nombreux les pauvres innocents qui ont cru au : "T'embête pas pour la saint valentin, c'est débile comme truc : On ne s'offre rien et on fait rien de spécial"... Ces pauvres hommes se sont vite retrouvés dans une des deux précédentes situations.

Heureusement 2Ored est là pour vous : On prépare un petit plat qui sort de l'ordinaire (les moins doués passeront par la case surgelés mais c'est le geste qui compte) et on partage une bonne bouteille de vin, les yeux dans les yeux.

Quitte à faire dans le romantisme alors jouons le jeu jusqu'au bout (et basculons même allègrement dans le niais) en débouchant une bouteille d'un des 10 crus du Beaujolais : Un saint amour (si après ça elle pleure pas de bonheur moi je peux plus rien pour vous).

Grande occasion oblige, nous allons dépasser de peu le seuil psychologique des 10 euros mais quand on aime...

Saint Amour 2009 "Esprit de séduction" (rien que ça...) de Pascal Berthier. Pour la petite information M. Berthier a été président du cru Saint Amour et s'occupe à présent de son propre domaine.

Un nez romantique de petits fruits rouges, et une bouche expressive toujours sur le fruit avec des notes de kirsch. Des tannins bien comme il faut et une agréable longueur en bouche. Un vin idéal pour un moment idéal (c'est beau...).

Où : Aux vins des Champs        

Prix : 11, 90 €


samedi 11 février 2012

les petites récoltes de Nicolas

Nicolas met en avant une gamme de vins simples et bon marché ("les petites récoltes de Nicolas") pour sortir de l'image de la franchise ne proposant que des vins classiques et relativement chers.

Petite parenthèse sur cette enseigne qui est loin de faire l'unanimité auprès des amateurs de vins :
Non, Nicolas n'est pas le caviste indépendant qui vous déniche de bonnes bouteilles tout en étant capable de vous raconter milles et une anecdotes sur le producteur.
Oui, ces magasins ressemblent plus aux rayons boissons d'une grande surface (le côté aseptisé en moins avouons le).
Mais, Nicolas cible une clientèle citadine, pressée et sans connaissance particulière sur le vin. On ne peut donc pas comparer cette franchise avec un caviste indépendant tout simplement parce qu'ils ne vendent pas les mêmes produits et n'ont pas la même clientèle.
Enfin, j'aimerais ajouter que, malgré les différents avis négatifs que l'on peut lire ci et là sur la toile, je suis tombé sur un conseiller sympathique et compétent (ce n'est peut être pas le profil type du vendeur Nicolas mais je me devais de le souligner).

Bref, revenons à nos bouteilles... J'ai donc ouvert pour un apéritif dînatoire une bouteille des petites récoltes : Le vin de pays des côtes du Tarn acheté 3 euros 10.

Alors pour ce prix là on a quoi ? J'annonce tout de suite que je n'ai pas été emballé. Derrière une étiquette simple et volontairement authentique tout droit sorti du caveau d'un vigneron d'antan, on trouve un vin au nez discret de fruits rouges et violette. La bouche manque de consistance et de longueur.
J'ai eu l'impression de me trouver face à Beaujolais nouveau (je force un peu le trait) et je ne m'attendais pas à cela (d'où peut être ma déception).

Malgré cela, mes convives n'ont rien trouvé à redire (ou n'ont pas osé). Comme quoi, s'il fallait encore le prouver, ce n'est pas la qualité d'un vin qui fait un bon moment mais l'inverse.

Je ne vais pas mettre toute cette gamme dans le même panier et reviendrai dans d'autres posts sur les différentes "petites récoltes" proposées.

Où : Nicolas                    

Prix : 3, 10 €